91 villes où il faut livrer avec Uber Eats cet été. En savoir plus

Nouvelle tarification Uber Eats : bonne ou mauvaise nouvelle pour les coursiers ?

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À compter du 25 Sep­tembre 2019, la tari­fi­ca­tion des cour­siers Uber Eats change. Est-ce une bonne ou mau­vaise nou­velle pour les revenus des cour­siers ? Nous étu­dions cela en com­pa­rant l’an­cienne et la nou­velle tarification.

Logo de Uber Eats

De nouvelles tarifications à partir du 25 Septembre 2019

Au début de l’année 2019, Uber Eats a lancé une grande consul­ta­tion auprès de ses cour­siers par­te­naires. Durant celle-ci, beau­coup de cour­siers ont fait remon­ter le fait que les frais de service de 25 % étaient trop élevés. De plus, trois points majeurs ont été sou­le­vés lors de la consultation :

  1. Les dif­fi­cul­tés pour gérer la grande varia­bi­li­té du chiffre d’affaires ;
  2. La rému­né­ra­tion qui est trop faible pour les com­mandes à grande dis­tance ;
  3. La tari­fi­ca­tion qui n’est pas assez adaptée à chaque course (carac­té­ris­tiques des villes, pluie, canicule …).

Par consé­quent, Uber Eats a essayé de répondre à ces pro­blé­ma­tiques en chan­geant son système de tari­fi­ca­tion des cour­siers, à Paris, mais aussi dans toutes les autres villes de France. Cette nou­velle tari­fi­ca­tion sera effec­tive pour tous les nou­veaux cour­siers à partir du 25 Sep­tembre 2019. Quant aux cour­siers déjà actifs, ils conser­ve­ront l’an­cienne tari­fi­ca­tion et pour­ront choisir de passer ou non à la nou­velle tarification.

Nouvelle tarification versus l'ancienne tarification d'Uber Eats.
Nouvelle tarification versus l'ancienne tarification d'Uber Eats.

Mis à part la dimi­nu­tion notable des frais de service, Uber Eats annonce deux objectifs :

  1. Dimi­nuer le tarif au kilo­mètre entre le res­tau­rant et le client afin de favo­ri­ser les livrai­sons à courte dis­tance ;
  2. Aug­men­ter les tari­fi­ca­tions addi­tion­nelles lors des cré­neaux de forte demande.

Pour le premier objec­tif, nous allons véri­fier cela un peu plus bas l’ar­ticle. Quant au second, Uber Eats annonce qu’en plus des bonus et primes exis­tants (coef­fi­cients mul­ti­pli­ca­teurs, chal­lenges et tari­fi­ca­tions mini­males), de nou­veaux types de tari­fi­ca­tions addi­tion­nelles vont appa­raître. Pour l’ins­tant l’en­tre­prise reste flou sur ces tari­fi­ca­tions, mais elle donne quand même l’exemple du « coup de pouce » qui per­met­tra d’of­frir un tarif plus élevé lorsque vous êtes loin du res­tau­rant pour aller cher­cher la commande.

Nouvelle tarification : les coursiers sont-ils gagnants ou perdants ?

À pre­mière vue, la baisse de la rému­né­ra­tion de la dis­tance et de la prise en charge fait que le cour­sier est perdant, et cela, malgré la baisse des frais de service de 25 % à 5 %. Mais, l’est-il vraiment ?

Nous avons donc décidé de creuser le sujet en réa­li­sant un tableau com­pa­ra­tif entre l’an­cienne et la nou­velle tari­fi­ca­tion Uber Eats. Il vous permet de voir, en un coup d’œil, jusqu’à combien de kilo­mètres vous êtes gagnants sur une course (dis­tance res­tau­rant-client). Le tableau prend en compte tous les fac­teurs qui influencent le chiffre d’af­faires net, à savoir l’ACRE sur les 3 années, le taux de coti­sa­tions normale à 22 % (sans ACRE), la TVA à décla­rer sur les frais de service et la ville où vous livrez.

D’un point de vue chiffre d’af­faires brut, les cour­siers sont très clai­re­ment per­dants avec cette nou­velle tari­fi­ca­tion. Cepen­dant, le chiffre d’af­faires brut n’est pas ce qu’il faut com­pa­rer. En effet, il faut plutôt com­pa­rer les chiffres d’af­faires nets, c’est-à-dire avec les frais de service, la TVA et les coti­sa­tions sociales déduites. Autre­ment dit, il faut com­pa­rer ce que vous touchez réel­le­ment à la fin.

Glo­ba­le­ment, il en ressort que les cour­siers sont gagnants jusqu’à un certain nombre de kilo­mètres par course, mais aussi en fonc­tion du taux de coti­sa­tions sociales et de la ville. En résumé, les conclu­sions sont les suivantes :

À Paris :

  • Pre­mière année d’ACRE (coti­sa­tions sociales à 5,5 %) : gagnant jusqu’à 2,5 km ;
  • Deuxième année d’ACRE (coti­sa­tions sociales à 11 %) : gagnant jusqu’à 3,5 km ;
  • Troi­sième année d’ACRE (coti­sa­tions sociales à 16,5 %) : gagnant jusqu’à 5 km ;
  • Sans ACRE (coti­sa­tions sociales à 22 %) : gagnant jusqu’à 7,5 km.

Dans toute la France (hors Paris) :

  • Pre­mière année d’ACRE (coti­sa­tions sociales à 5,5 %) : gagnant jusqu’à 3 km ;
  • Deuxième année d’ACRE (coti­sa­tions sociales à 11 %) : gagnant jusqu’à 4 km ;
  • Troi­sième année d’ACRE (coti­sa­tions sociales à 16,5 %) : gagnant jusqu’à 5,5 km ;
  • Sans ACRE (coti­sa­tions sociales à 22 %) : gagnant jusqu’à 9,5 km (à 10 km, le chiffre d’af­faires est égal à l’an­cienne tarification).

Nous obser­vons ainsi qu’Uber Eats rempli son premier objec­tif annoncé, c’est-à-dire favo­ri­ser les livrai­sons à courte dis­tance. De plus, d’après les chiffres que Uber Eats nous a com­mu­ni­qués, 66 % des courses à Paris font moins de 2,6 km et 75 % des courses font moins de 3 km dans le reste de la France. Ainsi, d’après ces moyennes, nous pouvons tirer trois conclusions :

  1. À Paris, un cour­sier ayant l’ACRE en pre­mière année sera mieux rému­né­ré environ 2 courses sur 3 ;
  2. Dans toute la France (hors Paris), un cour­sier ayant l’ACRE en pre­mière année sera mieux rému­né­ré 3 courses sur 4 ;
  3. Plus la dis­tance est courte, plus un cour­sier est gagnant (pour une course de 1 km, un cour­sier ayant l’ACRE en pre­mière année gagnera 7,81 % en plus et un cour­sier sans ACRE gagnera 17,86 % en plus) ;
  4. Plus le taux de coti­sa­tions sociales aug­mente, plus un cour­sier sort gagnant sur la quasi-tota­li­té des courses. En d’autres termes, les plus anciens gagne­ront plus.

Fina­le­ment, selon Uber Eats, « 100 % des courses pour les cour­siers ayant l’ACRE à 16,5 % (troi­sième année) ou étant à 22 % » seraient mieux rému­né­rés. Cepen­dant, l’en­tre­prise ne sou­hai­tant pas com­mu­ni­quer plus de détails concer­nant le kilo­mé­trage des courses, nous ne pouvons pas véri­fier cette affir­ma­tion.

Notre avis sur ce changement de tarification

Ce chan­ge­ment de tari­fi­ca­tion est une bonne chose pour les cour­siers tra­vaillant avec Uber Eats. De manière géné­rale, les revenus des cour­siers vont aug­men­ter, surtout pour les petites dis­tances. L’en­tre­prise est donc sur la bonne voie pour tenir ses enga­ge­ments annon­cés.