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Déjà coursier : Coursier à vélo au quotidien : déclarations, gestion et organisation

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La micro-entre­prise étant, comme son nom l’in­dique, une entre­prise, se lancer comme cour­sier sous ce régime implique une cer­taine orga­ni­sa­tion, des décla­ra­tions à effec­tuer et quelques res­pon­sa­bi­li­tés de plus qu’un poste salarié.

Coursier à vélo au quotidien

Si vous vous deman­dez comment vous lancer, vous pouvez com­men­cer par consul­ter notre guide sur comment devenir cour­sier, ainsi que les démarches pour devenir micro-entre­pre­neur. Cela fait, et une fois que vous serez lancé, voici quelques conseils pour bien gérer votre quo­ti­dien, votre temps de travail et votre entre­prise.

Quelques conseils pour éviter les mauvaises surprises

Il y a un certain nombre de démarches facul­ta­tives mais qui sont for­te­ment recom­man­dées afin de ne pas avoir de mau­vaises surprises.

Organiser son emploi du temps

La pre­mière des choses est de s’or­ga­ni­ser à l’a­vance pour savoir quand tra­vailler. En effet, il n’y a aucune contrainte, aucune poin­teuse et per­sonne ne va vous appeler si vous êtes absent ou en retard… Le manque de moti­va­tion ou d’or­ga­ni­sa­tion peut donc rapi­de­ment impac­ter le temps de travail et vos revenus. Il ne faut donc pas hésiter à faire son plan­ning à l’a­vance, se fixer un quota d’heures et essayer de s’y tenir.

En fonc­tion des pla­te­formes, on ne pourra pas tou­jours faire autant d’heures qu’on le sou­haite. Effec­ti­ve­ment, la plupart impose des réser­va­tions sur les cré­neaux, qui ne sont pas tou­jours dis­po­nibles. Le meilleur moyen de ne pas être uni­que­ment dépen­dant de ces cré­neaux est de cumuler les pla­te­formes pour pouvoir se connec­ter sur chacune d’entre elles, dès lors que vous sou­hai­tez travailler.

Si vous voulez maxi­mi­ser votre chiffre d’af­faire, pensez à adapter vos cré­neaux à la demande de vos clients. Pour la Food­Tech, les com­mandes seront plus nom­breuses les soirs du week-end. À contra­rio, cer­tains par­te­naires de Stuart vous feront plutôt tra­vailler en journée (com­merces non-ali­men­taires, messageries/​colis), et You2You ne vous pro­po­se­ra des tour­nées qu’en fin d’après-midi du lundi au vendredi.

Avoir le bon matériel

Si vous suivez le conseil pré­cé­dent et que vous mul­ti­pliez les pla­te­formes avec les­quelles vous tra­vaillez, nous vous conseillons d’in­ves­tir dans vos propres sacs de livrai­son plutôt que d’u­ti­li­ser ceux fournis par les plateformes.

À partir du moment où vous êtes pro­prié­taire de votre sac et que c’est votre outil de travail, il va de soi qu’il faut en prendre soin. Si par exemple vous livrez de la nour­ri­ture, et d’au­tant plus si vous livrez de la nour­ri­ture ainsi que des courriers/​colis, pensez à le net­toyer régu­liè­re­ment. Cela doit être fait tant par souci du respect des mar­chan­dises qui vous sont confiées, que par souci du respect de la sécu­ri­té alimentaire.

Concer­nant votre vélo, vous allez faire beau­coup de kilo­mètres et l’usure va s’ac­cé­lé­rer d’au­tant plus. Faire entre­te­nir son vélo par un pro­fes­sion­nel dans ces condi­tions peut vite vous revenir cher. Autant que pos­sible, il faudra donc essayer d’as­su­rer soi-même l’en­tre­tien du vélo (à minima, les basiques : chan­ge­ments des chambres à air, pneus, chaîne, patins ou pla­quettes de freins, dévoi­lage des roues).

Si vous n’y connais­sez rien en méca­nique vélo, faites-vous aider. Il existe dans de nom­breuses villes des ate­liers d’auto-répa­ra­tion, dans les­quels vous serez guidé pour réparer vous-même sans prendre le risque d’endommager votre vélo.

Bien gérer ses revenus

Il faut rap­pe­ler qu’il est obli­ga­toire d’avoir un compte ban­caire dédié à votre acti­vi­té. Ce compte ne doit pas néces­sai­re­ment être un compte « pro », il peut s’agir d’un second compte courant dans votre banque habi­tuelle. Cepen­dant, il doit être réservé à l’en­cais­se­ment de vos revenus, au paie­ment de vos coti­sa­tions et impôts d’entreprise.

Pour ne pas être pris de court au moment de payer ses coti­sa­tions à l’URS­SAF, nous vous conseillons de tenir un tableau très simple. Vous pouvez vous baser sur le modèle ci-dessous. Il faut remplir ce tableau à chaque paie­ment qui arrive sur votre compte. Ceci permet de tou­jours garder sur son compte dédié de quoi honorer les pré­lè­ve­ments de l’URS­SAF. Cela vaut d’au­tant plus lorsque vous optez pour la décla­ra­tion tri­mes­trielle, qui peut entraî­ner des mon­tants de coti­sa­tions assez importants.

Tableau gestion paiements coursier
Tableau gestion paiements coursier

Bien entendu, les taux sont à adapter selon votre situa­tion au regard de l’ACRE (ancien­ne­ment ACCRE). Si vous êtes à 5,5 % de coti­sa­tion, vous pouvez rem­pla­cer le « 0,75 » par « 0,93 » et le « 0,25 » par « 0,07 », ainsi de suite. Ces coef­fi­cients sont volon­tai­re­ment un peu plus élevés que le taux réel de coti­sa­tion : cela permet de garder, à chaque paie­ment, un peu d’argent de côté pour le paie­ment de la Coti­sa­tion Fon­cière des Entre­prises (CFE) à la fin de l’année.

Enfin, si vous voulez vous assurer de ne pas dépen­ser tous vos revenus au fur et à mesure que vous les encais­sez, vous pouvez garder vos revenus sur votre compte dédié et ne vous verser une rému­né­ra­tion qu’à la fin du mois, en une seule fois. Bien sûr tout dépend de vos charges et de votre orga­ni­sa­tion per­son­nelle, cer­tains s’en sortent très bien en se versant leurs revenus sur leur compte courant tous les jours.

Se protéger en cas d’accident

Afin de se pro­té­ger lors de l’exer­cice de votre acti­vi­té, pendant vos livrai­sons, vous aurez besoin d’une Res­pon­sa­bi­li­té Civile Pro­fes­sion­nelle (RC Pro). La RC Pro permet d’être couvert si jamais vous causez des dom­mages à des tiers, lors de livrai­sons.

Cer­taines pla­te­formes, comme Deli­ve­roo ou Uber Eats, pro­posent des RC Pro aux cour­siers qui tra­vaillent en leur nom. Tou­te­fois, ces contrats de pro­tec­tions sont très par­tiels et ne vous pro­tègent que lorsque vous livrez pour la pla­te­forme qui vous fournit la RC Pro.

Par consé­quent, si vous tra­vaillez pour plu­sieurs pla­te­formes en même temps, nous vous conseillons de sous­crire à votre propre RC Pro. Ainsi, vous serez inté­gra­le­ment couvert, sur n’im­porte quelle pla­te­forme, tout en gardant votre indépendance.

Les démarches obligatoires

En tant que cour­sier micro-entre­pre­neur, vous vous devez de réa­li­ser des démarches qui sont obli­ga­toires et qui vous évi­te­ront ainsi de futurs problèmes.

La facturation

Concer­nant la fac­tu­ra­tion, il y a trois cas de figures qui peuvent se pré­sen­ter afin d’é­ta­blir cor­rec­te­ment ses factures.

L’auto-facturation

Tout d’abord, l’auto-fac­tu­ra­tion. Dans ce cas, c’est le client qui émet lui-même, en votre nom, la facture qu’il s’a­dresse. Ceci est rendu pos­sible par le fait que vous concé­dez au client un mandat de fac­tu­ra­tion, inclus dans les contrats de pres­ta­tions de service avec la plupart des pla­te­formes. C’est le cas par exemple, avec Deli­ve­roo ou You2You. Par consé­quent, vous n’avez rien de plus à faire, la facture vous est envoyée à titre infor­ma­tif, pour que vous puis­siez la pré­sen­ter en cas de contrôle fiscal.

L’émission en notre nom

Ensuite, la pla­te­forme peut n’ef­fec­tuer que de la mise en rela­tion. C’est le cas par exemple d’Uber Eats et de Stuart. Ces pla­te­formes dis­posent éga­le­ment de mandats de fac­tu­ra­tion, elles émettent donc elles aussi des fac­tures en votre nom, mais pour les adres­ser cette fois non pas à elles-mêmes mais à vos clients : les res­tau­rants ou autres com­merces que vous avez livré.

Dans ce cas vous rece­vrez par mail un réca­pi­tu­la­tif d’ac­ti­vi­té, qui résume les sommes totales qui vous sont versées. Si vous avez besoin des fac­tures (par exemple dans le cas d’un contrôle), vous pouvez les deman­der par mail à Stuart ou les retrou­ver dans votre espace en ligne pour Uber Eats.

La facture classique

Enfin, si vous ne passez pas par une pla­te­forme et démar­chez vous-même vos clients, vous devrez établir votre facture vous-même. Pour être valide, une facture doit com­por­ter cer­taines men­tions obli­ga­toires, que vous pourrez retrou­ver ici. Vous pouvez éga­le­ment vous ins­pi­rer des fac­tures émises par les pla­te­formes en votre nom.

Les déclarations de cotisations sociales, à l’URSSAF

Vous devez décla­rer votre chiffre d’af­faires brut à l’URS­SAF, en tant que « pres­ta­tions de ser­vices com­mer­ciales ou arti­sa­nales », tous les mois ou tous les tri­mestres selon l’op­tion choisie. Les décla­ra­tions sont à effec­tuer sur autoen​tre​pre​neur​.urssaf​.fr. Le montant varie en fonc­tion de votre situa­tion au regard de l’ACRE. Si vous en béné­fi­ciez, le taux la pre­mière année est de 11 %. Sinon, si vous ne béné­fi­ciez pas de l’ACRE ou que vous êtes à la deuxième année, le taux est de 22 %.

Les autres déclarations

Il existe tout un tas d’autres décla­ra­tions à effec­tuer auprès de nom­breux autres orga­nismes afin de récu­pé­rer ou de payer des choses supplémentaires.

Les impôts

Concer­nant les impôts, vous devez décla­rer chaque année vos revenus en tant que par­ti­cu­lier (espace par­ti­cu­lier sur impots​.gouv​.fr). Pensez à décla­rer votre chiffre d’af­faires brut car le service des impôts se char­ge­ra ensuite de cal­cu­ler votre abat­te­ment forfaitaire.

La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Vous devrez aussi payer un autre impôt : la CFE. Cepen­dant, cette fois, c’est en tant qu’en­tre­prise (espace pro­fes­sion­nel sur impots​.gouv​.fr) que vous devez déclarer.

Pour tout savoir sur la fis­ca­li­té, vous pouvez vous référer à cette publi­ca­tion dans notre groupe Facebook.

La Caisse d’Allocations Familiales (CAF)

Concer­nant la CAF, vous pouvez selon votre situa­tion et vos revenus, être éli­gible à cer­taines aides, notam­ment la Prime d’Ac­ti­vi­té. Si vous faites une demande ou une décla­ra­tion à la CAF, décla­rez là encore votre chiffre d’af­faires brut. La CAF se charge ensuite d’ap­pli­quer un abat­te­ment tenant compte des coti­sa­tions et charges éven­tuelles que vous pour­riez avoir en tant que micro-entrepreneur.

Les documents à fournir aux clients

En théorie, il fau­drait léga­le­ment fournir à tous nos clients, au moins tous les six mois, trois docu­ments obli­ga­toires. En pra­tique, seul Deli­ve­roo s’at­tache à garder ces docu­ments à jour. Pour se faire la pla­te­forme a confié la gestion de ces docu­ments à leur par­te­naire e‑attestations, qui pourra donc vous contac­ter dès lors que l’un ou plu­sieurs des docu­ments ci-après doivent être mis à jour.

Le justificatif d’immatriculation

Le premier de ces docu­ments est le jus­ti­fi­ca­tif d’im­ma­tri­cu­la­tion. Afin de vous éviter d’avoir à com­man­der un nouvel extrait KBIS tous les six mois, e‑attestations génère auto­ma­ti­que­ment un jus­ti­fi­ca­tif d’im­ma­tri­cu­la­tion à partir des infor­ma­tions recueillies auprès de l’INSEE et d’In­fo­greffe. Il sera donc auto­ma­ti­que­ment gardé à jour et vous n’aurez pas à vous en soucier.

La liste nominative des salariés étrangers

Le second docu­ment est la liste nomi­na­tive des sala­riés étran­gers. Là encore, e‑attestation peut la générer à votre place. Il vous suffira de cocher « non » à la ques­tion « Employez-vous des sala­riés étran­gers soumis à auto­ri­sa­tion de travail ? ». Si vous êtes vous-même de natio­na­li­té étran­gère mais micro-entre­pre­neur en France, vous pouvez cocher « non » éga­le­ment, dans la mesure ou vous ne vous employez pas vous-même.

L’attestation de vigilance

Enfin, le dernier docu­ment est l’at­tes­ta­tion de vigi­lance. Ce docu­ment atteste que vous êtes à jour en matière de décla­ra­tion et de paie­ment de vos coti­sa­tions. Nous vous expli­quons comment obtenir l’at­tes­ta­tion de vigi­lance sur cette page.

Si tou­te­fois Deli­ve­roo ou Uber Eats vous la réclame avant (donc dans les tous pre­miers mois d’ac­ti­vi­té), n’hé­si­tez pas à les contac­ter par mail pour les pré­ve­nir que vous ne pourrez avoir votre attes­ta­tion de vigi­lance qu’à l’issue de votre pre­mière déclaration.